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Employeurs

Prévoyance entreprise : quand est-elle obligatoire pour l’employeur ?

Une prévoyance d’entreprise s’impose pour vos cadres, avec une cotisation patronale de 1,50 % sous le plafond de la Sécurité sociale, et votre convention collective peut prévoir ses propres garanties. Faut-il un contrat ? Pour qui ? Comment le mettre en place sans perdre l’exonération de cotisations ? L’Urssaf présente ce contrat comme facultatif, mais il existe une exception importante pour les cadres. Voici les règles qui comptent pour une petite structure.

Mis à jour le 3 novembre 2026 · Rédaction Souscrio

L'essentiel

  • Pour les cadres, l’employeur doit une cotisation de 1,50 % sur la part du salaire sous le plafond de la Sécurité sociale.
  • Sans contrat au décès d’un cadre, l’employeur peut devoir trois fois le plafond annuel aux ayants droit.
  • Trois voies de mise en place : accord collectif, référendum ou décision unilatérale écrite.
  • Le régime doit être collectif et obligatoire pour ouvrir droit à l’exonération.
  • Depuis le 1er novembre 2026, le plafond des indemnités d’accident du travail a baissé, ce qui peut alourdir le complément de salaire.

Quand le contrat n’est plus un choix

L’accord national du 17 novembre 2017 impose une cotisation à la charge exclusive de l’employeur. Elle vaut 1,50 % de la tranche de salaire inférieure au plafond de la Sécurité sociale. Elle concerne les ingénieurs et cadres, ainsi que d’autres catégories listées par l’accord. Elle va en priorité à la couverture du décès.

La sanction est lourde. Si l’employeur ne peut pas justifier d’un contrat au décès du salarié concerné, il doit verser aux bénéficiaires trois fois le plafond annuel en vigueur, soit 144 180 € sur la base de 2026. Pour une petite entreprise, c’est le risque à écarter en premier. Vérifiez aussi votre convention collective, car certaines prévoient leurs propres garanties.

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Mettre en place le régime dans les règles

L’Urssaf reconnaît trois voies. Quelle que soit la vôtre, gardez les preuves : en cas de contrôle, vous devez pouvoir montrer la procédure suivie et le contrat. Sinon, votre contribution peut perdre l’exonération.

  • La convention ou l’accord collectif.
  • Le référendum : la majorité du personnel ratifie un projet que vous proposez.
  • La décision unilatérale : vous remettez à chaque salarié une copie de l’écrit qui la formalise.

Collectif et obligatoire : ce que cela veut dire

Le régime doit couvrir tous les salariés ou une ou plusieurs catégories objectives. Vous ne pouvez pas réserver une garantie à une personne que vous appréciez. Une catégorie ne peut pas reposer sur le temps de travail, la nature du contrat, l’âge ou l’ancienneté. Votre contribution doit rester uniforme dans chaque catégorie, sauf exceptions comme une modulation selon la famille.

L’adhésion doit être obligatoire, avec des dispenses possibles sous conditions. Si la couverture des ayants droit est obligatoire, vérifiez avec votre comptable la part de la cotisation dite famille que vous devez prendre en charge. Un salarié qui quitte l’entreprise et que l’assurance chômage indemnise reste couvert à titre gratuit, sauf faute lourde, dans la limite de la durée de son dernier contrat et sans dépasser 12 mois.

Une autre règle surprend souvent : votre contribution ne peut pas remplacer un élément de salaire. Si vous supprimez une prime, il faut respecter 12 mois entre son dernier versement et votre première contribution.

Ce qu’un arrêt vous coûte déjà sans contrat

Sans accord plus favorable, le code du travail vous impose un complément de salaire dès un an d’ancienneté. Il démarre après sept jours d’absence en cas de maladie, et dès le premier jour en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Il couvre d’abord 30 jours à 90 % de la rémunération brute, puis 30 jours aux deux tiers. Ces durées augmentent de dix jours par tranche de cinq ans d’ancienneté.

Exemple : une salariée avec trois ans d’ancienneté s’arrête 40 jours pour maladie. Vous complétez à 90 % du 8e au 37e jour, puis aux deux tiers ensuite, indemnités journalières déduites.

Du nouveau depuis le 1er novembre 2026 : pour un accident du travail, le salaire retenu par la Sécurité sociale est limité à l’équivalent de 1,8 Smic. Service Public précise que la part à la charge de l’employeur augmente pour les salaires au-dessus, lorsqu’un maintien s’applique. Certains contrats peuvent prendre ce complément en charge : relisez le vôtre.

Les limites d’exonération

Votre contribution sort de la base des cotisations de Sécurité sociale dans une limite égale à 6 % du plafond annuel, soit 2 883,60 € en 2026, plus 1,5 % de la rémunération brute. Le total exonéré ne peut pas dépasser 12 % du plafond, soit 5 767,20 €.

La contribution reste soumise à la CSG et à la CRDS. Le forfait social de 8 % s’ajoute si votre entreprise compte 11 salariés ou plus. Le contrat doit être souscrit auprès d’un organisme habilité : institution de prévoyance, mutuelle ou entreprise d’assurance. Un régime géré en interne n’y ouvre pas droit.

Pour qui ?

  • Employeur qui recrute un premier salarié
  • Gérant de TPE qui embauche un cadre
  • Artisan dont la convention collective parle de prévoyance
  • Commerçant qui veut couvrir son équipe sans erreur de procédure
  • Dirigeant qui découvre un contrat ancien et veut vérifier sa validité

À préparer

  • Votre convention collective et son identifiant
  • La liste des salariés avec leur classification
  • L’ancienneté et le salaire brut de chacun
  • L’acte de mise en place s’il existe, et les preuves de remise
  • Le contrat en cours et ses dernières conditions

Questions fréquentes

Une prévoyance collective est-elle obligatoire ?

L’Urssaf la présente comme facultative, mais une cotisation de 1,50 % est imposée pour les cadres et votre convention collective peut ajouter des règles.

Que risque l’employeur sans contrat pour un cadre ?

En cas de décès du salarié, il peut devoir verser trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale aux bénéficiaires, soit 144 180 € sur la base de 2026.

Peut-on couvrir seulement certains salariés ?

Oui, à condition de définir une catégorie objective. Elle ne peut pas reposer sur le temps de travail, le type de contrat, l’âge ou l’ancienneté.

Un salarié peut-il refuser d’adhérer ?

L’adhésion doit être obligatoire pour l’exonération, avec des cas de dispense prévus sous conditions.

Combien de temps un ancien salarié reste-t-il couvert ?

À titre gratuit s’il est indemnisé par l’assurance chômage et hors faute lourde, dans la limite de la durée de son dernier contrat de travail, sans dépasser 12 mois.

Sources officielles

Information générale, à vérifier selon votre situation et votre contrat. Mis à jour le 3 novembre 2026.

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